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Le bois cordé

L’expression est très utilisée ici, au Québec : corder du bois. Cela signifie l’entasser en ligne, un peu comme quand on stocke du bois pour l’hiver. En construction, faire du bois cordé c’est la même chose, à ceci près qu’on ajoute un mortier pour faire le mur, ainsi qu’un isolant. Comment ça fonctionne ? Premièrement, il faut du bois, beaucoup de bois puisque l’on a à peu près une bûche tous les 8/10 cm, dans toutes les directions du mur (au Québec on utilise de l’orme, en France du châtaigner fera l’affaire car imputrescible). Levez les yeux, regardez un peu autour de vous pour vous faire une idée du nombre de bûches nécessaire si l’endroit où vous êtes était construit en bois cordé.
Il est impératif AVANT de commencer :
- Que le bois que vous avez choisi soit parfaitement sec : si ce n’est pas le cas, en séchant, votre bûche se rétractera créant ainsi un trou dans votre mur. De plus les chances de pourrissement sont importantes.
- D’avoir toutes ses bûches de la même longueur : en dépassant côté intérieur et extérieur, ce sont elles qui définissent la largeur du mur. Comme le mortier sèche assez vite, vous n’aurez pas le temps de retailler à la volée vos bûches. Le premier avantage que l’on repère tout de suite est qu’on se moque de la « tête » des bûches : en effet, même un arbre torturé fera l’affaire, pourvu que sa projection sur l’axe de la bûche fasse la largeur que vous souhaitez pour votre mur (voir mon magnifique dessin ci-dessous). La sélection du bois en est facilitée (c’est rare que l’on cherche autre chose que des troncs droits, profitons-en !).

Bon, on est « rendu là » comme disent les Québécois. Ce qu’il faut maintenant, c’est du mortier. Pourquoi ? Parce que, contrairement au ciment, le mortier possède une certaine souplesse. Il est par ailleurs peu conducteur de chaleur et d’humidité. S’il contient de la chaux, il aura une certaine faculté « d’auto-entretien » car cette dernière envahira les fissures en création et s’y calcifiera. Comme en cuisine (parfois la construction n’en est pas si éloignée), plusieurs écoles… Voici cependant ce que nos hôtes ont utilisés :
– 20 volumes de sable, 5 volumes de chaux et 3 volumes de ciment.
Il faut laisser « tourner » (le mieux c’est dans une bétonnière) un peu à sec et progressivement ajouter de l’eau (il n’y a pas de dose prescrite, puisque la quantité à ajouter dépend principalement de l’humidité du sable) jusqu’à ce que la texture vous semble bonne. Le repère, c’est de pouvoir manier le mortier et lui donner la forme souhaitée (donc assez liquide) sans qu’il s’affaisse (donc assez solide).
Si on regarde la composition de notre mur (dans son épaisseur), on a 2 couches de mortier (dans le cas d’un mur de 40/45 cm, 2 couches de 12 cm de mortier qui font la face extérieure et la face intérieure). Au milieu, on met notre isolant. Nos hôtes ont opté pour du « brin de scie » comme on dit par ici : de la sciure. Le mieux, c’est de pouvoir bourrer le plus possible. Pour monter la maison, le mot d’ordre c’est HORIZONTAL. En fait, il faut monter tous les murs en même temps, par « couches » horizontales et ne pas céder à la tentation de monter rapidement verticalement, notamment entre les fenêtres, ou les portes. Si vous faites cela, vous avez toutes les chances que votre mur s’affaisse à cause du poids et du mortier encore mou (il met pas mal de temps à sécher, un peu comme un enduit terre). Vous perdrez la verticalité de votre mur et risquez de créer des faiblesses ce qui peut être gênant sur un mur porteur. Le temps idéal pour monter votre mur est une journée d’été nuageuse sans être trop humide. Ainsi, votre mortier pourra prendre progressivement en évitant au maximum les fissures. Comme rien n’est jamais idéal, vous pouvez utiliser des linges humides pour protéger votre œuvre du soleil, comme pour le béton. S’il fait très chaud, n’hésitez pas à réarroser régulièrement. Cette méthode de montage peut paraître fastidieuse, car aux dires de nos hôtes, « tabernacle, ca avance pas ! ». Il faut alterner le plus possible les bûches : rondes, fragmentées, grosses, petites… C’est l’assurance d’avoir un mur de qualité.
Une fois que votre mur commence à sécher, vous réalisez qu’il est terminé à la fois à l’intérieur ET à l’extérieur. Pas besoin de finitions, ni d’un côté ni de l’autre. En montant, vous encastrerez les poutres et les encadrements de fenêtres au fur et mesure. Ce type de mur est très porteur et peut-être utilisé en tant que tel sans problèmes. Autre avantage, les murs courbes sont possibles (et même conseillés !), ce qui le rend encore plus porteur.
La dernière étape consiste à calfeutrer les inévitables fissures qui apparaitront dans le mortier après le séchage. Chez nos hôtes, au Québec, les différences de température ont créé quelques fissures qui peuvent être calfeutrées avec du mortier naturel (type chaux sable). Il est possible d’utiliser ce mélange également pour combler les fissures des bûches rondes que vous aurez placées dans votre mur. Vous obtenez ainsi une habitation ou une extension solide, avec du cachet, et énergétiquement efficace.
Ca vous tente ?
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Commentaires
superbe maison explications tres bien,jeveux unemaison en boiscordémais ici en france dansmon uvergnetres difficile de trouver des constructeurs ou stage bois cordé…
Bonjour,
Nous sommes séduits par ce type de construction et envisageons la création de deux ou trois chalets de ce type dans le Tarn France).
Connaissez des spécialistes
Bien cordialement
Marie France MOMMEJA
Bonjour,
Stage de deux jours d’apprentissage à la construction en bois cordé dans le Jura, le 30 et 31 août avec Alain Richard. Renseignements au 03.84.48.57.54
Bonjour à toi le cousin !
Je viens d’acheter une maison en bois cordé en France et je me pose quelques questions concernant son aménagement :
1/ Qu’en est-il de l’installation des meubles hauts de cuisine, est-ce possible et si oui quelles sont les précautions ?
2/ Quels sont les risques identifiés dans l’aménagement de la salle de bain et notamment la douche ?
Merci de ton aide
Bonjour
comment traitez vous le bois (partie exterieure si debord de toit moyennement large et partie interieure)?
la sciure est elle traité contre les prédateurs?
tous les cablages electriques et courant basse tension sont ils passés dans la section chaux interieure? les assurances decennales sont elles simples a obtenir? et avez vous des infos sur le r thermique pour valider la rt2012?
beaucoup de questions car je souhaite la constuire en 2013 et ne pas etre gené par les nouvelles normes.
en vous remerciant
Pierre
Bonjour,
Pour répondre à quelques-unes de vos questions :
La sciure utilisée en isolant n’a pas été traitée par nos hôtes. Si j’avais à le faire, je la traiterais certainement au pirêtre.
Concernant le bois, une simple lasure naturelle ou traitement régulier à l’huile de lin devrait suffire. Attention, par rapport à votre précision sur les débords de toit, il est important de prévoir sa construction de manière à le laisser sécher s’il est exposé aux intempéries (ouest et nord)
Concernant les câblages, c’est effectivement le mieux.
Je n’ai aucune information sur la décennale en France… Ni sur le R moyen observé. Si vous les trouvez, je suis preneur car cette solution originale mérite d’être mise en avant et donc argumentée et chiffrée.
J’espère que j’ai répondu à vos questions !


l'agence
J’aime bien l’effet que cela donne.