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Fiche de savoir 13 : L’inertie thermique

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On parle souvent de l’inertie thermique d’une maison, ou d’un mur… Mais savez-vous quelles notions se cachent derrière ce terme ? Voici une petite fiche récapitulative.

L’inertie thermique est une notion compliquée. L’une de ses caractéristiques principales (ainsi que celle qui nous intéresse souvent le plus) c’est la capacité à déphaser la chaleur. Ca veut dire quoi ? Plus l’inertie thermique d’un matériau sera importante, plus sa capacité à emmagasiner la chaleur pour la redistribuer plus tard sera importante.

Lorsqu’un matériau se trouve à l’équilibre thermique, cela signifie que sa température est fixe et les échanges de chaleur (échange par conduction, convection, rayonnement) qu’il a avec son environnement sont équilibrés (c’est-à-dire qu’il cède autant de calories à son environnement qu’il n’en reçoit).

Si un matériau possède une grosse inertie thermique, il aura l’avantage de n’être que peu affecté des changements de température de son environnement, puisqu’il faudrait une grosse différence de température pendant un temps assez long pour perturber cet équilibre. Cependant, dans le cadre de la construction de bâtiment, il ne faut pas oublier que cet effet va s’accompagner d’un temps de montée en température d’équilibre tout aussi long (comme  défini plus haut).

Exemple : un earthship (maisons souvent réalisées en pneus remplis d’argile notamment) possède une masse thermique très importante (c’est le but, car on tend ainsi à se passer complètement de chauffage dans les régions relativement tempérées). Du coup, après la construction, il lui faudra plusieurs mois, voire une année ou deux pour arriver à cette température d’équilibre qu’il ne quittera plus (qui correspond globalement à une moyenne entre les températures d’été et d’hiver). C’est un paramètre à prendre en compte pour les premiers mois de vie dans l’habitation.

On parle le plus souvent d’inertie thermique pour un mur. Ce n’est que l’une de ses caractéristiques. Un bon mur se doit d’avoir une bonne inertie thermique mais aussi un bon coefficient d’isolation. Enfin, dans une maison sans ossature, il se doit d’être porteur.

Les travaux et les avancées continues dans le domaine des habitations écologiques nous font réaliser que nous vivons dans un monde de compromis… Aucun matériau ne possède à la fois une bonne inertie thermique, un bon coefficient d’isolation et une solidité suffisante pour être porteur tout en étant peu cher et peu coûteux énergétiquement parlant à produire. La brique Monomur est parmi ce qui semble se rapprocher le plus du matériau « idéal ». Mais son énergie grise (l’énergie nécessaire pour la produire) est très importante du fait des montées en hautes températures nécessaires lors de la cuisson de la brique.

Du côté des constructions en blocs de chanvre, on dissocie complètement les caractéristiques : les blocs de chanvre sont d’excellents isolants, possède le plus souvent une bonne inertie thermique, mais ne sont pas porteurs. Ce qui implique dans la conception de la maison de prévoir une ossature (par exemple une ossature bois), qui assurera la fonction porteuse de manière dissociée des autres caractéristiques.

Pour les maisons en paille, on utilise le très bon coefficient d’isolation. N’ayant que peu ou pas du tout d’inertie thermique, on utilise les enduits, notamment intérieurs pour jouer ce rôle. Ils sont souvent très épais (entre 10 et 15 cm en additionnant toutes les couches). La plupart des constructions en paille sont en fait des « remplissage paille » : la fonction porteuse est là aussi réalisée par une ossature. Ceci dit, il apparaît de plus en plus de constructions dites « en paille porteuse ». On utilise ainsi la forte résistance à la compression des bottes de paille (fibres à plat) pour se passer d’ossature. Ceci convient particulièrement bien pour des salles rondes.

Les maisons en terre, ou en adobe, possèdent à l’instar des earthship un masse thermique importante. Vous souvenez-vous d’Aaron et Tina? Leur maison en adobe convient parfaitement pour l’endroit où ils se trouvent… En Nouvelle-Zélande, l’écart thermique entre les saisons autorise des constructions très peu voire pas du tout isolées. Du coup, pas besoin de rajouter un autre mur interne pour remplir cette fonction. Cette particularité a été prise en compte très tôt dans leur design.

Comme vous le savez très certainement déjà, le matériau parfait n’existe pas. Comme dans beaucoup d’autres domaines, on combine les propriétés et les points forts de plusieurs matériaux pour arriver au résultat final : une maison la plus isolée possible, avec une inertie thermique qui va éviter au maximum les surchauffes estivales ou les fraîcheurs hivernales trop importantes, avec enfin une structure solide qui lui permettra d’être habitable pendant très longtemps.

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Commentaires

et est ce que l’homme idéal existe par contre ? ^^

Une nouvelle fiche fort intéressante … merci Nicolas :-)
C’est un peu d’actualité en plus pour nous ici par ces températures hivernales… et les murs des ces villes ne sont pas très bon isolants.
A chacun de voir ses propriétés entre une bonne isolation, ou un bon mur solide …
Mais tout comme Nathalie je n’aime pas avoir froid… mais j’aime la montagne! Vive le paradoxe :-) Alors je rêve d’une petite maison bien isolé pour de bonnes soirées près d’un feux à la montagne bien sur!

Encore une fois, passionnant de s’instruire avec vous….mais pourquoi tout ceci n’est pas enseigné dans les écoles…. moi je vote pour Nicolas Président !!! (attention ! c’est pas le même!)

Bonjour Michèle,
Et beh !! Président rien que ça… C’est vrai qu’ici, à l’étranger, quand je me présente et je dis que je m’appelle Nicolas j’ai souvent droit à « ah oui comme votre président ». Super référence donc… :)

Ceci dit, merci pour ton commentaire ! C’est vrai qu’un peu plus de sensibilisation là-dessus ne serait pas de trop. Maintenant, de plus en plus de constructeurs mettent ces données à disposition car de plus en plus d’acheteur les consultent et les prennent en compte dans leur choix. Surtout dans des matériaux dits « écologiques ».

Attention à ne pas confondre inertie thermique et déphasage… L’un va souvent avec l’autre, mais ce n’est pas la même chose ! Le déphasage n’est qu’une des caractéristiques des matériaux à forte inertie…
Un bon récapitulatif : http://archi.climatic.free.fr/01questce.html

Soyons précis donc ! Merci. :-)

Bonjour M,
Merci pour ce commentaire constructif et justifié, qui plus est juste :). Et merci pour le récapitulatif envoyé, c’est une page bien intéressante !
Cordialement,

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