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Balades architecturales autour de Nagoya

Nagoya_Grand

Après notre fantastique expérience à Mori No Ie, nous sommes partis dire bonjour à des amis du coté de Nagoya.

Nagoya est une ville se situant entre Tokyo et Kyoto, plus près de cette dernière par ailleurs. C’est une ville parfaite pour ce que nous devions y faire : travailler sans être sans cesse distraits par les attraits touristiques divers.

Nous avons tout d’abord rendu visite à nos amis Loïc et Ayako, qui nous avaient aussi reçus en Nouvelle-Zélande. Ensemble, nous sommes allés nous promener dans de très beaux endroits.

Tout d’abord, nous sommes allés à Meiji Mura. C’est un musée d’architecture en plein air, une sorte de grand parc d’attraction sans le grand huit ! Ici, on observe de magnifiques bâtisses rassemblées sur plusieurs hectares et sélectionnées selon leur aspect historique ou leur beauté architecturale.

Ancienne bibliothèque A l'intérieur d'une église L'arrêt de bus digne des mangas

C’est un projet grandement financé par le gouvernement, puisqu’un travail de conservation et de restauration hallucinant a été réalisé. Malheureusement, ce parc est en danger puisque l’intérêt des visiteurs à son égare diminue chaque année. Ils sont donc en déficit et c’est bien triste car c’est vraiment intéressant et différent des autres activités touristiques rencontrées.

La plupart des bâtiments ont été démontés et remontés à la pierre près ! Imaginez-vous face à face avec une partie d’un gigantesque hôtel du 18ème siècle, voisin d’un vieux pont de fer fraîchement repeint, voisin lui-même d’une aile d’une grande banque de Tokyo du début du siècle dernier, voisin d’un phare, voisin d’une vieille église du temps de l’importation du catholicisme… Meiji Mura est une ribambelle colorée et diversifié de plus de 60 bâtiments de la sorte. Nous regrettions parfois (comme d’habitude …) de ne pas parler japonais pour comprendre un peu mieux l’histoire de ces vieilles pierres ; Quoi qu’il en soit, nous étions gratifiés d’un magnifique soleil, une belle journée de printemps agréable et ornée de quelques fleurs de cerisiers restantes…

C'est nous ! Nat et les sakuras Petite pause

Le jour suivant, nous sommes partis à la découverte de Shirakawa-Go. Le petit village d’Ogimachi est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et regroupe plus d’une centaine de petites maisons de toits de chaume.

C’est un des plus beaux lieux que nous ayons visité au Japon ! Il se compose de plus de 110 maisons traditionnelles des montagnes japonaises, les Gasshô Zukuri. Ces maisons ressemblent beaucoup aux chaumières de notre Normandie.

Les maisons de Takayama Les maisons de Takayama Résolution_écran-40

Les hivers sont très rigoureux et longs dans les Alpes Japonaises, cela n’effraient pas les habitants, qui depuis des centaines d’années se sont habitués aux conditions climatiques en adaptant leur habitations aux contraintes du milieu. Les Gasshô Zukuri sont la réponse au problème des précipitations neigeuses très abondantes de novembre à avril. L’architecture de ces maisons est particulière,  le toit est très pentu (jusqu’à 60 degrés, contre une quarantaine pour les maisons normales), en forme de Gasshô (de mains jointes en forme de prière) pour supporter le poids de la neige et permettre à celle-ci se glisser sur la paille, évitant ainsi les moisissures.

Ces maisons sont d’une taille imposante ! Leur forme triangulaire sur une base de grand rectangle permettait la création d’un espace considérable à l’intérieur. Celui-ci était agencé à l’aide de panneaux de bois ou de papier de riz pour délimiter l’espace pour les nombreuses familles vivant toutes ensembles au premier étage. Les second et parfois troisième étage étaient consacrés la l’élevage des vers à soie. On pouvait régler la luminosité et l’ouverture des pièces sur l’extérieur grâce à de petites fenêtres. Ces maisons sont en général assez sombres, puisque pour faire face aux hivers glacials, il fallait éviter les grands espaces ouverts.

L’herbe utilisée pour la chaume des toits était une variété locale, pouvant pousser jusqu’à un mètre de haut. Le savoir-faire pour la rénovation, l’entretien et la construction de ce type de toit est malheureusement en déclin (comme en France). C’est pour cela que les Gasshô Zukuri sont regroupés dans des villages folkloriques et très touristiques, pour sauvegarder ce patrimoine inestimable en danger. On trouve cependant quelques maisons de ce type, éparpillées un peu partout dans les Alpes. Elles sont maintenant transformées en musée, hôtel ou chambre d’hôte de luxe.

Les maisons de Takayama Les maisons de Takayama shirakawa-go

Les bâtiments de ce type sont constitués de très robustes piliers de bois (cèdre principalement) pour soutenir la toiture qui peut devenir très lourde avec le poids de la neige. L’épaisseur de chaume est impressionnante, allant parfois jusqu’à un bon mètre ! Aucun clou n’était utilisé pour la construction du toit, des cordes de paille étaient solidement nouées pour maintenir les poutres et entretoises ensemble. La clé de longévité du toit de chaume réside dans le plafond à claire-voie du bâtiment. A chaque étage, une partie du plafond était constitué d’un treillis de poutres, pour laisser passer l’air et la fumée du feu de la pièce du dessous jusqu’au plafond. C’est de cette manière qu’on évacuait la fumée, tout en évitant de pourrissement par l’intérieur de la chaume et aux insectes indésirables de grignoter la paille et les poutres. Un toit de chaume bien entretenu pouvait durer 50 ans.

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Le village d’Ogimachi est une reconstitution inestimable de la vie traditionnelle des habitants des Alpes japonaises. Il y a de cela des années, ces maisons n’étaient pas regroupées toutes ensembles, mais parfois à des jours ou des semaines de marche les unes des autres. Heureusement pour les visiteurs comme nous, il ne faut maintenant plus qu’une journée pour apprécier la  beauté de plusieurs de ces splendides demeures !

Après cette enrichissante découverte, nous sommes partis nous enterrer à Nagoya … Nous avons trié nos photos, dépoussiéré de veilles choses administratives en retard, préparé notre voyage en Thaïlande, tout ça en profitant de la super auberge de jeunesse que nous avions dégotté dans un quartier calme et agréable. Nous nous sommes presque sentis de retour à la maison, sans obligations, détendus, entre amis… Quelques jours de douceur pour nous remettre en forme !

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Commentaires

C’est marrant ces histoires de pentes de toit.
En Normandie les chaumières ont des toits très pentus pour que la pluie coule rapidement et ne stagne pas (pour éviter les moisissures comme tu l’expliques aussi).
En montagne, les chalets savoyards ont eux des toits assez plats pour que la neige ne glisse pas et forme une couche isolante. En effet la neige conserve une température autour de zéro degré alors qu’il peut faire parfois beaucoup plus froid dehors en hiver.
Je comprend que les japonais utilisent l’isolation apportée par le chaume et évitent ainsi le poids de la neige.

Merci pour vos récits de voyages
à bientôt

Catherine

Bonjour à vous

Belle rencontre que vous avez faites avec ce village.
Etant à Okazaki pour apprendre le Japonais je vais m’empresser le week end prochain de partir en ballade à Ogimachi,je vais essayer de convaincre d’autres éléves de venir avec moi .l’école est une école internationale et nous devons être en ce moment une vingtaine de nationalité donc je suppose que ça doit en intéressé d’autres.
Bravo pour vos commentaires,descriptions et photos.
Alain

Bonjour Alain,

Vous ne serez pas déçus! Surtout si vous pouvez y aller en semaine, où il y aura vraisemblablement moins de monde…

Bonne visite et merci pour votre retour !

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